Assises de l’Admical 2011 : le mécénat est il encore d’intérêt général ?

Assises de l’Admical Marseille 2011
Les 20èmes Assises d’Admical qui se sont tenues à Marseille le 9 et le 10 mai ont permis de faire un point des tendances actuelles du mécénat en France et d’ouvrir quelques débats de fonds.

Dans les chiffres, le mécénat est globalement en recul de 500 millions, soit – 20 %. Les montants engagés en 2010 ne dépassent plus les 2 millards d’euros et la Culture en est la première victime, en chute de 30 % cette année au profit d’un recentrage sur les causes sociales, crise oblige. Portant, le nombre d’entreprises mécènes est en hausse, tout particulièrement du côté des PME et d’un mécénat de proximité, mineur mais bienvenu à l’heure d’un désengagement des collectivités locales.

Publication d’une « charte du mécénat » permettant de définir (enfin) quelques règles dans les relations entre les parties prenantes, réflexions sur la notion d’intérêt général, sur rôle du mécénat dans la société, l’Admical s’est reposée des questions de fonds et d’éthique utiles au creux de la vague. Une démarche d’autant plus nécessaire que le mécénat que l’on rapprochait plus ou moins du « développement durable » se trouve désormais souvent « intégré » à la RSE, la démarche de Responsabilité Sociale et Environnementale de l’entreprise.  Conséquences, le mécénat perd de son autonomie pour gagner de sa légitimité dans la stratégie des grandes entreprises : le mécénat, en particulier via les fondations, traduit un discours très institutionnel, permet d’interagir rapidement sur les problèmes de Société lorsqu’ils se posent et participe de loin, notamment via le mécénat de compétences souvent géré par les RH, au maintien d’un « lien social » entre les collaborateurs d’entreprises sans projet collectif. L’intérêt général et l’intérêt particulier, trouver le bon dosage…

La question de la philanthropie et du mécénat a été abordée. J’y reviendrai. Mais, ce que je retiendrai de ces Assises, c’est « l’Oscar » remis à Enea Consulting, jeune entreprise spécialisée dans les nouvelles énergies durables qui « offre », via le mécénat de compétences, 10 % du temps de travail de ses salariés à des organisations de pays émergents. Cette utopie fait un malheur chez les jeunes ingénieurs et distingue l’entreprise sur ses marchés et intéresse les milieux financiers.

Le mécénat reste une idée neuve.

www.admical.org .  

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