Hollande-Sarkozy, la campagne se joue aussi sur les fonds privés

A quelques jours des élections présidentielles, la capacité de persuasion des candidats est aussi associée à leurs moyens financiers. Dans les dernières semaines, les meetings, les campagnes de tracts et d’affichages sont les plus couteux. 
La loi française prévoit un plafonnement des dépenses à 16,16 millions d’euros  pour les candidats au premier tour et à 21,59 millions pour ceux du second tour avec un remboursement public de 50 % au delà de 5% des voix. Autrement dit, la campagne se joue aussi sur la collecte de fonds privés.

Nicolas Sarkozy et François Hollande se sont donc lancés dans des stratégies de collectes privés offensives tout prenant tout autant position sur un plafonnement du financement de la campagne.  Selon Le Monde, en meeting le 3 avril à Tours, le candidat socialiste a souhaité une « nouvelle réforme » du financement des partis politiques et des campagnes électorales. Selon lui, il faut en effet s’assurer  « qu’aucun argent ne puisse venir troubler la transparence ». Une réponse à Nicolas Sarkozy comparant l’affaire Bettencourt à « une boule puante ». Sujet repris par François Bayrou proposant « un plafonnement sévère à 10 millions [d’euros] contre le double aujourd’hui des dépenses de campagne. » Au delà de ces échanges politiciens, les fonds privés seront toujours décisifs. 

Hollande joue le e-mailing
Pour sa campagne de levée de fonds, François Hollande a notamment recruté une professionnelle du fundraising, Claire Heuzé, ancienne responsable de collecte de fonds pour l’association Aide et Action, désormais directrice stratégique de sa campagne numérique, de la mobilisation et des dons via internet. « On a beaucoup de petits donateurs. On travaille essentiellement sur le web, avec les modules de dons en ligne et la sollicitation par emailing. Rien qu’avec l’emailing, nous avons collecté plus de 600.000 euros de dons depuis le début de la campagne. Le taux de réactivité est très fort ». Elle espérait, en mars, en obtenir quatre fois plus, soit 1,6 million d’euros.

Mais, l’essentiel du financement privé de la campagne présidentielle de Hollande, proviendrait, selon le Canard Enchainé, du PS avec une avance de 11 millions d’euros, sans intérêts…

Sarkozy préfère les grands donateurs 

Côté Sarkozy, on pratique aussi la collecte par internet via son site de campagne, mais on joue surtout le « grand donateur ». Le Monde nous raconte que le 21 mars, une petite foule se presse aux portes de l’hôtel Méridien Montparnasse, à Paris. Ils sont entre trois cents et quatre cents, grands donateurs de l’UMP, venus assister à une réunion du Premier cercle, une structure mise en place, sur le modèle américain, par Eric Woerth, l’ancien trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy, mis en examen dans l’affaire BettencourtCe système,
tout à fait légal, qui autorise les personnes physiques à donner jusqu’à 7 500 euros aux partis de leur choix et 4 600 euros aux associations de financement des candidats en période électorale, avait permis au candidat Sarkozy de recueillir 7 millions d’euros en 2007. Cinq ans plus tard, ce mode de collecte se porte toujours aussi bien. Selon l’UMP, 8 millions d’euros ont déjà été engrangés par l’équipe de campagne du président sortant : 6 millions au titre du parti, et 2 millions au titre de l’association de financement du candidat, créée il y a un mois.
Consulté par Mediapart, le bulletin d’adhésion propose trois cases à cocher : 2 500 euros, 3 500 euros et 4 600 euros (maximum légal donc). Et le document précise que cette « limitation à 4 600 euros de dons (…) s’entend par individu majeur et non par foyer fiscal. Ainsi, à titre d’exemple, un couple peut faire des dons pour soutenir la campagne de Nicolas Sarkozy à concurrence de 9 200 euros (4 600 euros)

De Gauche à Droite, on connaît donc bien ses cibles et les moyens de les impliquer. Tout çà reste malgré tout « bon-enfant » face aux centaines de millions collectés par les candidats américains.

Stéphane Godlewski
Sources : Le Monde, Le Canard Enchainé, Youphil, Newring, Mediapart

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *