Selon une étude récente l’optimisme rendrait plus généreux

 On savait qu’un peu d’optimisme dans cette sinistrose ambiance était bon pour la santé physique, il semble désormais démontré que les gens heureux ont aussi un coeur plus généreux. La revue Sciences Humaines revient sur les conclusions des travaux menés par le chercheur Laurent Bègue.

« Croire que le monde est juste avec soi-même rendrait-il plus généreux ? C’est en tout cas la conclusion d’une étude de psychologie sociale réalisée par Laurent Bègue, directeur du Laboratoire Interuniversitaire de Psychologie à l’Université Pierre Mendès-France de Grenoble. Pour valider son hypothèse, Laurent Bègue a entrepris une expérience auprès d’un échantillon représentatif de 805 Français, âgés de 18 à 78 ans, toutes catégories socioprofessionnelles confondues, résidant en Île-de-France et dans le Nord-Pas-de-Calais.

Il fut demandé à chacun de répondre à un questionnaire pour une recherche nationale portant sur les modes de vie et comportements sociaux des Français. Ceci permettait de définir si la personne interrogée pensait que le monde était juste envers lui-même : il s’agissait de savoir ce que répondait chaque participant à des affirmations telles que « J’ai le sentiment d’obtenir ce que je mérite dans la vie », ou encore « J’ai le sentiment que mes efforts sont reconnus et récompensés », etc. 
Chaque volontaire se voyait remettre 8 euros pour sa participation. Ils pouvaient faire don d’une part de cette somme à une association française (existante) venant en aide aux victimes de violences, en déposant l’argent dans une boîte prévue à cet effet.
Au terme de l’expérience, Laurent Bègue formule plusieurs constats : premièrement, environ 65 % des participants ont fait don d’une partie de l’argent à l’association, pour une somme moyenne de 3,09 euros. Autre point à relever, ce sont… les femmes qui ont été les plus généreuses (ce qu’attestent des études antérieures en psychologie sociale), donnant en moyenne un euro de plus que les hommes. L’âge et le niveau de diplôme apparaissent également comme des facteurs déterminant le degré de générosité, d’après la présente étude : les personnes plus âgées et plus diplômées donnent davantage.
Surtout, il y aurait une corrélation entre la croyance en un monde juste envers soi et l’acte de don. Laurent Bègue nuance cependant quelque peu ce résultat en précisant que la croyance en un monde juste pour soi n’est pas toujours prédictive de l’altruisme d’un individu. Néanmoins, croire que le monde est juste envers soi engendrerait une perception positive d’autrui et encouragerait à être plus altruiste.
Pour l’anecdote, les dons recueillis lors de l’expérience ont réellement été remis à l’association de défense de personnes victimes de violences. »

Cà fait du bien non ?
SG

Source : Laurent Bègue, « Do just world believers practice private charity ? », Journal of Applied Social Psychology, sous presse, 2012.


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