Le mécénat de proximité, un enjeu majeur pour le tourisme

Je vous propose un extrait de mon article sur le mécénat de proximité publié cette semaine dans la très sérieuse REVUE ESPACES (n°113, Septembre 2012) sur le thème « Mécénat de proximité et tourisme ». Vous y trouverez les points de vues d’une quinzaine de professionnels et observateurs sur le sujet. Extraits :
LE MÉCÉNAT DE PROXIMITÉ : UN ENJEU MAJEUR

Le mécénat de proximité est une idée qui s’est développée en France dans les années 2000 ; il se traduit par une implication plus marquée des petites et moyennes entre- prises en faveur du sport, de la culture et, plus récemment, du social.

Les motivations de ces entreprises mécènes sont d’abord de participer autrement à la vie locale et d’associer leur personnel à des projets collectifs et mobilisateurs. La plupart du temps, les projets soutenus sont choisis avec les salariés. La communication est un para- mètre important, souvent moins directement vers le grand public que vers les réseaux de décideurs et la presse locale. Quant à l’aspect fiscal, s’il reste secondaire pour la plupart des PME, il constitue un symbole, la preuve d’une reconnaissance de la démarche et d’un soutien de l’État. Son rabotage annoncé aurait un effet ralentisseur, surtout pour les nou- veaux arrivés. Il ne procurerait, comme le montre l’étude de l’Institut Montaigne de mars 2012, qu’un gain mineur pour l’État. Dans la période difficile que nous traversons, est-il bien raisonnable de déstabiliser un système si fragile ?

Le mécénat de proximité croise très souvent le tourisme, en particulier par le soutien des festivals et du patrimoine. Exposées à la multiplication des demandes de soutien d’artistes, d’associations, de musées ou de festivals, les entreprises attendent des projets de qualité et une véritable prise en compte de leurs attentes, en particulier dans les solutions d’im- plication de leurs personnels. Qu’elles agissent seules ou collectivement (par le biais de clubs de mécènes), toutes deviennent de plus en plus matures et exigeantes dans leurs choix. Les mécènes locaux ne s’associent qu’aux projets qui se distinguent par leur originalité et qui les comprennent. Pour être conseillées, ils font peu appel à des agences et trouvent souvent des informations auprès des CCI, parfois auprès des antennes d’Admical ou des réseaux d’experts-comptables ; autant d’acteurs qui devraient être mieux soutenus par le “natio- nal”. Mais la meilleure façon de se lancer reste certainement, pour eux, de rejoindre un club de mécènes.


LES CLUBS DE MÉCÈNES : RÉUNIR POUR AGIR ENSEMBLE
Les clubs de mécènes permettent de réunir des entreprises dans une même démarche, autour de projets tels que le soutien d’un festival, la rénovation d’un lieu patrimonial ou encore la commande collective de créations contemporaines. C’est une solution adaptée aux donateurs comme aux organisations. Si ces dons collectifs sont relativement modestes, ils permettent au bénéficiaire de se doter d’un socle de financement fidélisé, qui peut être complété par des partenaires plus importants. Ces clubs permettent à certaines entreprises de “s’initier” au mécénat, et à tous leurs membres d’adhérer à un réseau d’échange para- économique. Si le caractère collectif de ce type de mécénat n’entraîne pas de forte visibi- lité pour le grand public, il peut se traduire, dans son prolongement, par une participation personnalisée favorable à l’implication du personnel de l’entreprise et à sa communication. D’un point de vue juridique, ces clubs sont parfois des associations indépendantes consti- tuées de dirigeants finançant annuellement un ou plusieurs projets. C’est le cas, par exemple, du club Prisme, dédié à l’art contemporain à Reims et dans sa région.

Mais ces clubs peuvent être également être “virtuels”, c’est-à-dire directement associés à

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un événement ou à un site, sans personnalité juridique propre. L’intérêt de cette formule est de canaliser directement les ressources sans structure intermédiaire ; il revient alors au bénéficiaire de fidéliser ses “adhérents”.
Ce mécénat collectif connaît aussi un nouveau développement par la création des fonds de dotation. Cette nouvelle structure juridique, inspirée des endowment funds améri- cains, est aussi simple à créer qu’une association. Le fonds doit, en principe, disposer d’un capital dont la rémunération est affectée. Dans la plupart des cas, en s’appuyant sur un article de la loi, les fonds collectés ne sont pas immobilisés mais directement utilisés. Cette structure légère dispose d’une personnalité morale et peut également bénéficier des dons des particuliers. Ce mécénat collectif des PME n’est pas une solution miracle, mais il constitue le socle pour une démarche plus large. Les grands festivals, à l’instar des Eurockéennes de Belfort, ne s’y sont pas trompés. 


Stéphane Godlewski


Pour consulter l’article et les autres contributions 
http://www.revue-espaces.com/librairie/8586/mecenat-proximite-tourisme.html

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