La Fondation de France publie le profil des philanthropes français

A l’occasion des premières « Rencontres internationales des philanthropes » co-organisées le 25 septembre, par Le Monde et la Fondation de France, une étude particulièrement intéressante sur les philanthropes français a été présentée par Odile de Laurens, Responsable de l’Observatoire de la Fondation de France.
Ayant enrichi ses travaux d’une série d’interviews cet été, elle conclue que le profil des grands donateurs a évolué ces dernières années. Sur les 660 philanthropes estimés en France, la part des héritiers de grandes fortunes est désormais minoritaire. Plus jeunes, les « nouveaux philanthropes » sont plutôt des entrepreneurs ou des cadres supérieurs qui ont bâti eux-mêmes leur patrimoine. Leur vision est aussi très différente de celle de leurs aînés : la plupart se détournent des grands organismes humanitaires pour s’investir directement sur le terrain. Appliquant des méthodes de travail qu’ils ont apprises dans le monde de l’entreprise, n’hésitant pas à fonctionner en réseau, ils considèrent le don comme un investissement qui doit être efficace. Leur autre particularité est de défendre une vision « heureuse » de la philanthropie, qui est aussi un moyen pour eux de s’accomplir , de donner un sens à leur existence : « On reçoit beaucoup en échange, on apprend des métiers, des modes de vie, on découvre des mondes, déclare François Lemarchand. Ces mondes sont parfois sans argent, mais riches d’autres valeurs, d’autres plaisirs ! J’ai souvent le sentiment de recevoir des choses plus précieuses que l’argent que verse notre fondation. »
Ces nouveaux philanthropes ont un modèle : Bill Gates. Depuis sa création en 2000, la fondation Bill et Melinda Gates, qui oeuvre dans le domaine de la santé dans les pays pauvres, a dépensé plus de 25 milliards de dollars, notamment pour vacciner 55 millions d’enfants  en Afrique . « Il y a un avant et un après Bill Gates, dit Odile de Laurens. Avant, les médias français parlaient rarement de philanthropie. Désormais, c’est devenu banal ! »
Stéphane Godlewski

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