Les "quartiers" vont créer leur propre fondation

Incontestablement les fondations se démocratisent. Le projet de « Fondation Quartiers » initié par des acteurs des banlieues « difficiles », comme le disent les politiques et la presse, a pour but de prendre le relais des insuffisances publiques et même privées.
Dans le nouveau numéro du « Journal officiel des Banlieues », plusieurs personnalités lancent un Appel pour la création d’une «Fondation Quartiers». Un organisme qui serait chargé de « drainer, flécher et accompagner les financements privés » dans ces territoires délaissés par la République.
L’État arrive à bout de souffle dans un certain nombre de financements. Aujourd’hui, même pour construire des logements, il sollicite des partenariats privés », constate Erwan Ruty, directeur de Ressources Urbaines, une agence de presse spécialisée sur les quartiers populaires. Selon lui, « Les structures existantes comme la fondation Face, créée par Martine Aubry, ont montré leurs insuffisances. Les banques investissent peu dans les entreprises montées en dehors de Paris. Les acteurs institutionnels donnent leur argent à des organismes intermédiaires qui ne connaissent rien à la banlieue. Quant aux personnalités comme les sportifs ou les artistes, ils n’ont aucun relais identifiable pour investir », 
L’originalité de ce fond de dotation réside dans sa composition. Associations de terrain côtoieraient représentants d’organismes publics, comme l’Acsé (Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances) ou la BPI (Banque publique d’investissement), et fondations privées. « Le principe du financement que nous envisageons repose sur la reconnaissance de la spécificité des territoires et des personnes qui y vivent. Nos interventions seront précises. Elles évolueront en fonction du microcosme auquel nous serons confrontés » assure Erwan Ruty.

Un projet en chantier
«Nous ne savons pas encore s’il s’agira d’un fond ou d’une fondation. Pour l’instant, nous amorçons la réflexion sur le sujet. À l’avenir, les échanges pourraient s’internationaliser. Les personnes issues des pays du Maghreb ou d’Afrique subsaharienne serviraient de passerelles pour créer de nouveaux flux d’investissements» précise le directeur de Ressources Urbaines.

Signé par plusieurs personnalités dont Rokhaya Diallo, journaliste et Jérôme Bouvier, journaliste et président de l’association Journalisme et citoyenneté, le document gagne à être connu même si la presse quotidienne nationale semble lui tourner le dos. « Nous nous sommes adressés au journal Le Monde, aux Échos, à Libération, pour lancer cet appel mais ils n’en ont pas voulu ». Quant à savoir si les politiciens s’intéressent au projet : « Quelques-uns ont manifesté leur soutien et souhaitent nous aider, mais je ne peux rien dire pour le moment.»  Affaire à suivre.

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