Le Sarkothon, les fonds arrivent, la zizanie revient

  Au 31 juillet, 8,8 millions ont déjà été récoltés, selon l’UMP, auprès 90 000 donateurs. Encore insuffisant pour rembourser les 11 millions à la Société générale. Mais la banque a accordé au parti un délai supplémentaire de deux mois pour rembourser le reste [l’UMP a donc jusqu’au 30 septembre pour s’exécuter, NDLR]. Pour Catherine Vautrin, « c’est faisable. Car beaucoup n’ont pas encore donné. Et certains ont prévu de donner deux fois. » Dans le cas contraire, le porte-monnaie de Nicolas Sarkozy en souffrirait, puisqu’en tant que caution solidaire, il devra lui-même rembourser une partie des fonds manquants à la Société générale.

Mais les critiques sont nombreuses et les plus violentes visant l’ancien chef de l’État se multiplient et viennent de sa propre famille politique. Auteur d’un don de 7 500 euros, le maximum légal que peut donner une personne civile à un parti, Nicolas Sarkozy aurait pu contourner cette restriction par le biais d’autres partis ou associations. Par ailleurs, il avait la possibilité de s’adresser à la banque et de s’engager à rembourser une partie ou la totalité de l’emprunt en tant que caution solidaire. « Il aurait pu faire un effort supplémentaire »,s’agace le député Bernard Debré. « C’est une opération de com culottée, pour laquelle il enfile le costume de la victime et où il se la joue solidaire […]. « Il se fout de notre gueule », s’énerve un autre élu dans Le Monde.

Les élus pingres ont également été rappelés à leur devoir de solidarité. «Si vous saviez le nombre d’élus qui ne sont même pas à jour de leur cotisation, vous seriez étonnés. Et pas des inconnus! » confiait le 22 juillet Jean-François Copé, président du parti. « Cela concerne des parlementaires, mais aussi des conseillers généraux, des maires… Pour le moment, je ne dis rien, je fais un gros travail de relance. Mais si la situation venait à durer, je balancerai ! On ne peut pas demander aux sympathisants de nous aider, sans montrer soi-même l’exemple. »

Même si les 11 millions sont remboursés, l’UMP ne sera pas sorti d’affaire. Au delà de l’invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, la situation financière du parti est catastrophique. Il doit en plus rembourser 55 millions d’euros sur cinq ans. Soit près de 11 millions d’euros par an, pour un budget annuel d’environ 35 millions. La première tranche a été versée fin juin.

Si le sort de l’UMP n’est plus en péril, le bénéficiaire du Sarkothon n’est plus si clair.
Stéphane Godlewski
Sources Le Point 31/07, Le Parisien 28/07

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